

Autour du rocher, Saint Barthélémy - 2023
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Saint Barthélémy - 2023
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Caverne de glace, Islande - 2023
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Kerlingarfjoll, Islande - 2023
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Palcoyo, Pérou - 2024
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Avec cette nouvelle collection, Isabelle approfondit encore cette recherche de sens. Le voile, déjà présent dans ses œuvres précédentes, s’impose ici comme un véritable emblème.
Dans les photographies d’Isabelle Binder-Lindbergh, les nuages ne sont jamais de simples figurants. Ils dessinent un univers en suspension, un territoire mouvant où l’imaginaire s’égare. Baudelaire les appelait « merveilleuses constructions de l’impalpable » , tandis que Proust les voyait comme des formes fugaces séduisant l’esprit par leurs incessantes métamorphoses. Pour Isabelle, ils incarnent le dialogue subtil entre l’humain et l’immensité, un écho visuel à son voile argenté qui traverse ses clichés comme une métaphore vivante. Il suit les caprices du vent, se plie, se déploie, devient tour à tour écrin douillet, prolongement fluide ou contraste saisissant. Ce n’est pas un simple accessoire, mais une présence poétique qui unit chacune des femmes photographiées, les paysages qu’elles habitent, et les émotions qu’elles véhiculent. Entre ciel et terre, tel un objet transitionnel, le tissu dev ient l’incarnation de l’interaction organique entre la sphère humaine et un infini mystérieux, un au delà quasi divin. Loin des productions sophistiquées, Isabelle s’ancre désormais dans un processus artisanal et instinctif. Ses séries, prises à Saint Barthélemy , dans les montagnes glacées Islande et les sommets du Pérou , témoignent d’une approche qui refuse la facilité. Le vent devient un partenaire imprévisible, la lumière un sculpteur exigeant, et les lieux, des acteurs à part entière. Isabelle n’exige pas pour autant la perfection de ses modèles ; au contraire, elle recherche la sincérité dans leurs maladresses, leurs hésitations, cette manière qu’elles ont de se laisser guider par les éléments pour trouver leur place dans le décor, l’habiter comme s i c’était leur univers.
« Je choisis des endroits un peu périlleux et difficiles d'accès, où obtenir une photo devient le fruit de l’effort et du sacrifice que le modèle accepte de faire. Ce chemin partagé crée une expérience commune, une force qui s’ac cumule tout au long du parcours. L’idée que d’autres femmes viennent avec moi pour immortaliser ces moments, je trouve cela très motivant et inspirant. Ensemble nous vivons des moments importants qui nous invitent à prendre du recul. »
C’est à Saint-Barthélemy, sur la falaise dite « Autour du Rocher », qu’Isabelle commence son exploration. Ici, le vent porte les histoires d’un hôtel disparu, érodé par le temps, où seuls les oiseaux ont trouvé refuge. Le parfum de la p ierre chauffée par le soleil, mêlé aux effluves marins, emplit l’air d’une énergie presque tactile tandis qu’émane de cette roche volcanique des volutes mordorées. Luna, enfant de l’île, connaît chaque pierre de ce belvédère depuis l’enfance. Avec un équil ibre instinctif, elle traverse les rochers escarpés sans peur ni hésitation. Même la profondeur vertigineuse des ravins ne semble pas l’intimider. Nue, elle se fond dans ce décor, guidée par le voile argenté qui ondoie entre les crevasses, épousant les res pirations imperceptibles de la roche. Aventurière, elle ne se limite pas à poser : elle devient partie intégrante du lieu, s’appropriant chaque mouvement de vent, chaque éclat de lumière. Isabelle saisit alors cette étreinte drapée d’une aura mystique.
Au coeur des montagnes de Kerlingarfjöll, le froid glacial coexiste avec les fumées chaudes des solfatares. C’est un paysage de contrastes où la roche volcanique se teinte de jaune, rouge et vert, comme si la terre elle-même portait les stigmates d’un feu intérieur. Isabelle et son équipe affrontent ici des températures de -5 °C pour saisir la force magique qui se dégage de « la montagne aux sorcières » où froid mordant, textures minérales et fumées sulfureuses entrent en communion. Dans ce décor fascinant, Bertille, se tient pieds nus sur la pierre glacée, le souffle court. Le tissu prend ici ce décor fascinant, Bertille, se tient pieds nus sur la pierre glacée, le souffle court. Le tissu prend ici une nouvelle dimension : il symbolise une forme de résilience face à l’adversité. Chaque cliché devient un moment de dépassement où l’effort (sur)humain se mêle à la grandeur naturelle. Bertille, bien que transie de froid, ne veut pas renoncer, happée par ces terres aussi hostiles que fascinantes, elle se lance alors dans une lutte silencieuse mais intense.
La dernière expédition effectuée par Isabelle Binder-Lindbergh nous emmène à 4 800 mètres d’altitude4 800 mètres d’altitude, dans les montagnes de Palcoyo, au sud de Cuzco, qui se déploient comme des peintures célestes composées de méandres d’ocre, de rouge, de violet et de jaune. Ces reliefs qui flirtent avec l’irréel, semblent comme habités par une énergie mystique. C’est dans ces grands espaces désertés par les herbes folles qu’Isabelle est allée photographier une matriarche vêtue de ses habits traditionnels accompagnée de son alpaga, symbole de richesse et de prospérité dans les cultures andines. andines. Mue par une brise glaciale, l’étoffe fil rouge s’impose ici comme un voile protecteur, une force qui relie cette femme à ses terres sacrées. Dans ces hauteurs, où l’air manque et où chaque pas demande un effort, Isabelle capte la sérénité dans l’épreuve, la beauté dans la simplicité. Ce moment s’enrichit d’une seconde histoire, celle de celle de Beata, voyageuse ukrainienne ayant trouvé refuge dans les Andes après avoir fui la guerre. Ici, elle s’offre une renaissance. Le tissus devient alors un lien symbolique entre deux mondes : le passé et l’avenir, la souffrance et l’apaisement.
Between realms est bien plus qu’une exposition photographique : c’est un voyage initiatique, une ode à l’interaction entre l’humain et les éléments. Isabelle Binder-Lindbergh immortalise non seulement des paysages et des corps, mais aussi des histoires de résilience, de communion et de dépassement. Le voile argenté, aussi fragile que puissant, traverse chaque composition comme une métaphore universelle. Il est tour à tour protecteur, révélateur et narrateur, reliant les modèles aux paysages qu’ils habitent temporairement. Ces clichés ne se contentent pas de montrer : ils invitent à ressentir. Le froid d’une montagne islandaise, le souffle sacré des Andes, l’aridité de Saint-Barthélemy… autant de sensations que l’on perçoit en contemplant ces oeuvres.
Isabelle Binder-Lindbergh nous rappelle que, dans l’effort et l’imprévisible, réside souvent la plus grande poésie.poésie. Ses photographies sont des instants volés au vent, aux cieux et à la nature; des fragments de récits où l’indicible se devine.